Autoportrait au revolver

Hurtubise

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Marie Christine Bernard / Moyen souple

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Ce serait l’histoire d’un garçon fou et mélomane, Jude, qui embaume la beauté et fait chanter l’univers par ses toiles, à travers les couleurs et la lumière.

Mais aussi celle d’Angélique, obèse, beaucoup. Ce qu’elle sait faire de mieux, Angélique, c’est de prendre les gens dans ses bras. Elle le fait chaque jour pour chacun des vieux enfermés dans la résidence privée miteuse où elle travaille comme préposée, même s’il pue, même s’il lui bave dessus, même s’il répond par une claque ou une insulte. C’est qu’elle a l’amour en elle, Angélique.

Ces deux-là pourraient tomber amoureux.

Mais ce n’est pas vraiment tout, car ce serait aussi l’histoire de Keith, qui abuse de la vulnérabilité d’Angélique; de Joseph, un vieil Amérindien qui semble avoir tout vu, tout su et tout accepté; de Nathalie, qui n’a pas su apprendre à vivre avec tout ce mal niché au fond de son âme; de Ringo, le batteur des Highway Riders qui a perdu sa belle June ? aux mains parfaites et qui chantait I’m sorry de Brenda Lee comme personne ? tout en se perdant lui-même.

Si la mémoire tisse les fils du tissu de l’âme, ces personnages se retrouvent de façon tout aussi anarchique, mais se retrouvent quand même.

Ce serait une version de leur histoire, si l’on voulait bien qu’il en soit ainsi.